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Brèves littéraires : le périodique de la SLL

par Patrick Coppens, président et directeur littéraire de Brèves littéraires

recherche : Claire Varin et Danielle Shelton

Dès sa fondation en 1986, la Société littéraire de Laval a publié un périodique. Au départ, il s'agissait d'une petite brochure paraissant trois fois ou quatre fois l'an (sous le nom Le littéraire de Laval): des textes courts et inédits, de la prose et de la poésie, de moins de 1500 mots, écrits par les membres de la Société, ce qui est encore aujourd’hui le cas, bien qu'on y ajoute depuis longtemps des textes de non-membres, principalement issus de la francophonie et quelques autres, en traduction. La direction actuelle accorde la préférence, à qualité égale, aux textes soumis par ses membres.

Contrairement à plusieurs revues littéraires, les numéros de Brèves littéraires ne sont pas thématiques. Ses directions successives ont encouragé depuis les débuts la diversité des thèmes et des genres. Les textes choisis par les comités de rédaction de Brèves littéraires sont organisés sous les sections suivantes, qui n'apparaissent pas nécessairement dans tous les numéros: poésie, aphorismes, prose poétique, poésie d'inspiration japonaise (haïku, tanka, etc.), micronouvelle, nouvelle, récit, essai, texte de tout genre en version originale et traduction française. Cette dernière section, «D’une langue à l’autre», propose depuis 2003 des textes bilingues, une ouverture sur d’autres cultures: allemande, créole, persane, portugaise, roumaine, wendat, d’autres mondes en ce monde, pour éclairer notre propre langue et accroître notre inventivité. L'éditrice de Brèves littéraires recherche actuellement des traducteurs membres de la SLL pour réinventer cette section. Chaque auteur choisi est présenté dans une note biobibliographique.

Jusqu’en 2007, la revue décernait ses prix de prose et de poésie, prix dorénavant attribués par la Fondation lavalloise des lettres mais toujours gérés par la SLL, qui publie dans son numéro estival les textes des lauréats et des finalistes. Elle diffuse aussi les textes primés du Prix intercollégial de poésie, en collaboration avec le Collège Ahuntsic, une manière de démontrer son vif intérêt  pour la relève.

Une section est apparue puis disparue avec le numéro 76 : «L’effeuilleur» (signalements d’ouvrages, par votre serviteur, en collaboration avec les Services Documentaires Multimédia). Elle a été remplacée par la recension des ouvrages récents des membres de la SLL, y compris ceux parus à compte d'auteur, des publications généralement oubliés des autres médias.

Si certaines rubriques de la revue meurent ou naissent selon le désir des membres de la SLL et au gré des changements de direction de Brèves littéraires, le principal objectif demeure: publier des textes de qualité, accueillis dans l’enthousiasme, comme avec une bougie allumée on en enflamme une autre.  Des suggestions sont assez souvent faites aux auteurs par les divers comités de lecture dans un esprit d’amical accompagnement. Les auteurs ont toute liberté pour tenir compte ou non de ces propositions.

Prix du conseil de la culture 2006 dans la catégorie Animation et sensibilisation à la culture, Brèves littéraires arrime les lancements de ses numéros avec des événements festifs tenus dans des bibliothèques, des librairies ou des restaurants, pour concrétiser son ancrage dans la communauté.

Depuis 2008, le numéro d'été est lancé lors des «Agapes de juin», le repas champêtre de la Société littéraire de Laval au cours duquel sont remis les Prix de la Fondation lavalloise des lettres. Le numéro d'hiver est lancé en février ou mars, après une table ronde sur les genres littéraires. Ces jumelages remportent un vif et  constant succès.

Le désir de faire autre chose, autrement, sans forfanterie ni pusillanimité, un mélange d’audace et de naïveté, du goût pour l’artisanat (dans une revue, les tâches  strictement littéraires sont  plus réduites qu’on ne l’imagine), pour la solidarité, le contact humain, voilà en toute modestie, quelques ingrédients d’une recette de revue appétissante. Il faut  être bricoleur, avoir du doigté et surtout de la persévérance. Un peu  d’idéalisme sans le proclamer (cela  évite  certains  quolibets) ne nuit pas, pas plus que la confiance dans l’art, en son efficacité discrète, pour bonifier  nos sociétés.