micros ouverts 2011-2012
PROGRAMMATIONLes activités programmées en 2013 sont conditionnelles à l'obtention de subventions.
| vendredi 21 septembre 2012 | Louis-Philippe Hébert et Désirée Suzcany, poètes invités de l'Association des auteurs des Laurentides (AAL) |
| vendredi 19 octobre 2012 | Patrick Coppens et Nancy R. Lange, poètes invités membres titulaires de la SLL |
| vendredi 23 novembre 2012 | Daniel Le Blanc-Poirier et Daniel Paradis poètes invités de l'Association des auteures et auteurs de l'Outaouais (AAAO) |
| vendredi 18 janvier 2013* | Roger Des Roches, poète invité, lauréat du Prix de création littéraire de la SODEP 2011 |
| vendredi 15 février 2013* | Louise Dupré, poète invitée, lauréate d'un Prix du Gouverneur général 2011 |
| vendredi 15 mars 2013* | Carole David, poète invitée, lauréate du Prix Alain-Grandbois 2011 |
| vendredi 19 avril 2013* | Nicole Turcotte, poète invitée, lauréate du Prix Piché 2011 |
| vendredi 17 mai 2013* | Danielle Fournier, poète invitée, lauréate d'un Prix du Gouverneur général 2010 |
COMPTES RENDUS ARCHIVÉS (sous cette affiche de la série automne 2012)
Vendredi 23 novembre 2012 - compte rendu de Danielle Shelton - 21 lecteurs et lectrices
Le Café Le Signet était bondé, cinquante-huit personnes, dont plusieurs nouveaux visages... L'animatrice Nancy R Lange présente les deux poètes invités dans le cadre d'un partenariat avec l'Association des auteurs et auteures de l'Outaouais (AAAO) : Daniel Leblanc-Poirier et Daniel Paradis. Daniel Leblanc-Poirier fait lecture d'une poésie où le quotidien est détourné : il est question de dindes, de pots de cornichons, de pelouses, de bungalows, de larmes à mettre au four à 450 degrés, de points de suture sur le passé et de goût à discuter. Daniel Paradis lit Déjà vu, Enfant roi, Paroles dans lequel il doute : «Peut-être est-ce moi qui brode mal les visages?», et Dernier train du cosmos. En deuxième partie, le premier de nos invités reviendra avec un texte proche du slam, une déambulation dans le quartier Côte-des-Neiges, un vendredi, jour de vidanges sur les trottoirs. Et le second avec un poème plus classique, De lettres ou d'épées, puis Un moment, dans lequel il interpelle la mort.
Claude Drouin ouvre le micro ouvert avec les paroles d'une chanson : Autour du désir : «J'ai vu mon frère en transe / Et son épouse se taire»; il poursuit avec un poème : «comme on prête à l'absence la raison des retours». Gisèle Bart lance un cri du coeur en mémoire des femmes qui ont perdu leur fils. France Bonneau déambule sur la rue Rachel «avec des yeux d'été trop grands» et dédie un second poème à un poète assassiné en Algérie : «il fait humide dans cette tombe». Tessa Manuello observe le désert fertile et ses nuages de sable. Isabel Serra marie performance et poésie: «Le temps ment à l'amour», «le chargement du départ nous oblige à chercher le sens du son», «la force est un terrain en pente». Pablo Poblète, lui aussi poète performeur, expérimente la «poésie sonore», un genre populaire en Belgique (il est quant à lui originaire du Chili). Hoda Adra séduit avec un poème dont le point de départ est un cailloux; des jeux de mots sur le corps humain, pour conclure que nous sommes des pucerons sur une Terre gros poux. Aspasia Worlitzky lit un nouveau poème d'exil où on la retrouve «assoiffée de liberté, au-delà de l'abîme»; puis un second texte sur le doute et la peur. Caroline Legouix enchaîne avec un poème en exergue d'une des nouvelles de son recueil Visite la nuit. Roland Provencher nous parle de «la vie, sans cesse», avec ses moments d'absurdité, de panique, ses occasions d'évasion; puis des gouttes «derrière le temps», déluge suivi de l'éclaircie. Gislaine Roguet se déclare «poète invincible» pour laquelle «tout était prétexte à un chapitre de roman». Gaëlle Le Clézio-Claessens explore le jeu des apparences, en graphiques et statistiques, renommées et médailles; elle demande «où serons-nous demain?» Robert Lalode, le poète métis, rend hommage à Louis Riel dont un monument a été érigé au Québec, à l'Île du Pas (près de Berthierville); il lit des textes de son nouveau recueil Au ressac du large. Marcelle Bisaillon livre un poème sur le thème «bleu», une commande, dit-elle, de son atelier d'écriture, vu sous l'angle des «bleus à l'âme». Françoise Belu se questionne ce que nous faisons de notre vie dans Éternel retour et Flaques. Ginette Beauséjour, inspirée d'une chanson de Richard Desjardins, oppose «la persistance de la terreur» et «le goût des bonheurs inscrits dans la chair». Yvan Lévesque dévoile «l'autre couleur des mots», un oeil de poète sur l'arc-en-ciel. Hubert Saint-Germain campe un «homme qui déplace des morceaux d'espaces, un type qui creuse un trou, un pelleteur qui creuse son sujet». Arianne Bouchardy-Gauthier puise dans son carnet d'écriture des citations inspirantes et ses propres mots : «moi qui aime le vent, j'ai froid... vivre cela et savoir la sissure proche... je ne digère pas le sevrage de toi». Pierre Renaud, thèâtral, chantonne à la Ferré, «une étrange maison qui se tient dans ma voix.... un toit du ciel... la, la, la...».
Nany R Lange profite de cette soirée très chaleureuse pour présenter la traduction en espagnol de son recueil Femelle-Faucon, paru au Mexique grâce à son éditeur québécois Les Écrits des Forges. Elle en lit des extraits avec Aspasia Worlitzky.

Daniel Leblanc-Poirier, Roland Provencher, France Bonneau, Caroline Legouix, Aspasia Worlitzky,
Claude Drouin, Isabel Serra, Gisèle Bart, Oda Adra, Pablo Poblette, Tessa Manuelo;
Ginette Beauséjour, Hubert Saint-Germain, Gislaine Roguet, Yvan Lévesque, Françoise Belu,
Marcelle Bisaillon, Pierre Renaud, Ariane Bouchardy-Gauthier, Joëlle Le Clézio-Claessens et Daniel Paradis.
Vendredi 20 octobre 2012 - compte rendu de Danielle Shelton - 17 lecteurs et lectrices
En dépit de travaux routiers ralentissant considérablement la circulation, une trentaine de personnes ont atteint le café Le Signet pour une soirée de poésie fort chaleureuse. Au menu, de délicieuses pâtes à la pancetta et aux amandes ou un hamburger de filets de poulet accompagné d'une salade de betteraves. Avant le début de la soirée, la directrice générale de la Société littéraire de Laval, Danielle Shelton, récolte des dons pour la levée de fonds Placements Culture de la SLL. Elle offre aussi des billets de tirage de la campgane des organismes culturels lavallois, Objectif Zénith.
L'animatrice Nancy R. Lange a débuté, comme à son habitude, avec la chanson «Gens de paroles», puis elle a présenté son invité, Patrick Coppens, en lisant un texte qu'elle avait écrit sur lui pour la revue Traces. Le public a ensuite pu apprécier une vivante lecture à deux voix de textes inédits du cofondateur et membre d'honneur de la SLL : «Ma vie est un enfer de béatitude», proclame-t-il au retour d'une tournée déjantée en France en compagnie, notamment, d'une trapéziste obèse et «d'un oiseau querelleur». Nancy a lu ensuite son poème préféré de son ami Patrick, où «de l'autre côté de la rue, la vie fait les cent pas» et ce dernier a poursuivi avec la lecture d'une prose poétique, au «rythme des détails». Deuxième segment de ce premier bloc de lecture: toujours à deux voix, des extraits du premier recueil de poésie de Nancy, Annabahébec, mot égyptien signifiant «Moi, je t'aime». L'auteure évoque le souvenir de Jacqueline Déry-Mochon, cofondatrice de la SLL et sa professeure à l'adolescence, laquelle l'a inspirée et encouragée à écrire. Le livre se compose de «29 moments» où alternent la voix d'une femme et celle d'un homme: «Nous sommes seuls dans la cellule du désir». On poursuit avec le micro ouvert. Roland Provencher parle d'un «jour de tendresse» où pourtant «le temps se fait sauvage», Aspasia Worlitzky implore la compassion des montagnes pour les corps qui sentent l'exil, Yvan Léveqsue, tout en demi-teintes, examine une «pierre de lune», Claude Beaulieu, qui fait sa première lecture publique, livre «deux ou trois idées» sur l'amitié, la vertu, l'ennui, etc., Roger Lauzon fait un plaidoyer en faveur des Amérindiens, puis, sur le même territoire, Danielle Forget lit des extraits de son tout récent recueil paru chez Marcel Broquet, America hors piste (elle a ces belles images de «l'empreinte du carquois» et d'un «parfum maté de rebuffades») et, pour clore cette première heure de lectures, Aimée Dandois: «Nous sommes une boussole où s'absente le nord», nous sommes «des banquises d'errance» pendant que «l'élan s'effiloche» et «la coquille du destin cède». C'est la pause.
À nouveau, Nancy et Patrick offrent au public leur concert à deux voix; le ton est amusant avec un poème construit comme une chanson à répondre («Ah bon! J'aime mieux ca... Vous dites?») et (Déclic) déguisé en roman dadaïste à rimes riches. «La rime, explique Patrick, est très capable de se faire moderne!» Et en effet! Les applaudissements sont nourris. Suivent des extraits du recueil de Patrick Venez nous serons seuls, dont «Opérette», mis en musique par Gilbert Patenaude, et un autre dédié à Francois Charron: «Votre maison est si petite que le sang bat aux vitres». Nancy enchaîne en annoncant la parution prochaine au Mexique de son recueil Femelle faucon (une initiative de son éditeur québécois, Écrits des Forges); elle lit un extrait de la deuxième partie, «Carnet d'eau pour Béatrice» (sa fille, son amour). Caroline Legouix est ensuite invitée à présenter son tout nouveau recueil de nouvelles, Visite la nuit, aux éditions de La Grenouillère; elle lit un extrait d'une nouvelle lauréate d'un prix en France, «L'insolitude», où il est question de poésie et elle s'interrompt habilement au moment où commence véritablement l'histoire. Débute alors le deuxième bloc du micro ouvert: Denis-Martin Chabot lit «Le sac à dos», une brève nouvelle énigmatique faisant partie d'une série sur le thème du transport en commun, Gisèle Bart évoque avec lyrisme les couleurs de l'automne dans un éloge du Québec, Gislaine Roguet s'émeut d'une fleur des montagnes mythique, l'edelweiss, puis reprend «la droiture» mais «succombe aussitôt» dans un «Rêve sur macadam», Gaëlle Le Clézio Claessens devient frileuse en octobre, Lise David est confrontée à une métamorphose insoupconnnée, Claude Drouin, en chansonnier sans musique, touche l'auditoire avec l'image du courant qui se chamaille avec la marée, et pour terminer, Marie-Soeurette Mathieu lance une invitation au lancement prochain de son nouveau livre inspiré du tremblement de terre en Haïti «une maison sur une photo jaunie, de travers...». En somme, une soirée fort réussie.

Lecteurs et lectrices de la soirée: Caroline Leqouix, Yvan Lévesque, Marie-Soeurette Mathieu, Denis-Martin Chabot, Danielle Forget, Gislaine Roguet, Claude Drouin, Nancy R. Lange, Patrick Coppens, Gisèle Bart, Gaëlle Le Clézio Claessens, Roland Provencher, Claude Beaulieu, Lise David. Absents de la photo: Aimée Dandois et Roger Lauzon.
Vendredi 21 septembre 2012 – compte rendu de Danielle Shelton – 11 lecteurs et lectrices
Le Signet a accueilli une vingtaine de personnes en ce vendredi pluvieux, pour la première soirée «Gens de paroles» de la série automnale qui en comptera trois. Afin d'aider au financement de cette activité, la SLL a concocté une nouvelle formule, en partenariat avec deux autres associations d'auteurs, celle des Laurentides et celle de l'Outaouais, et l'OBNL Diffusion Adage. C'est ainsi que nous avons invité deux membres de l'Association des auteurs des Laurentides. Le poète éditeur Louis-Philippe Hébert a reçu un cachet de l'Union des écrivains et des écrivaines du Québec (UNEQ), par l'entremise de Diffusion Adage, coproducteur de l'évènement. Le cachet de l'écrivaine Désirée Suzscany avait été obtenu par la SLL du Conseil des arts du Canada. Après avoir été présenté par l'animatrice Nancy R. Lange comme le lauréat du prix du Festival de la poésie de Montréal 2012 (anciennement le Marché de la poésie), Louis-Philippe a gratifié l'assistance de trois longs textes, dont il a extrait les premiers de son recueil lauréat, Vieillir: une comédie dramatique. Désirée Suzscany a enchaîné avec une suite de neuf poèmes. Les deux invités ont offert un inédit à paraître dans le prochain numéro de Brèves littéraires. Ils ont également agi, au cours du micro ouvert qui a suivi leurs lectures, à titre de comité de présélection de textes susceptibles d'être publiés. Nous les en remercions.
Autre nouveauté pour cette nouvelle série de soirées «Gens de paroles»: les membres de la SLL qui auront fait paraître un nouveau recueil de poésie pourront le présenter, en lire quelques extraits et en offrir un en prix de présence. Ainsi, Claude Drouin a-t-il lu plusieurs poèmes de Dormir dans la mer. Le sort a favorisé Hugo Labelle-Laprise qui est reparti avec un recueil dédicacé.
Sept lecteurs et lectrices se sont ensuite succédés au micro ouvert: Monique Pagé a dédié à Louis-Philippe Hébert, son texte En lambeaux, prolongeant le thème de notre invité. Si «la vieillesse n'a rien pour séduire», elle est ici regardée avec tendresse. Dans la même inspiration, Marcel Tremblay a raconté la mort de sa mère et Hugo Labelle-Laprise, un souvenir d'été heureux, en famille. Gaëlle Le Clézio Claessens, elle aussi inspirée par une fête, a parlé d'amitié et a poursuivi avec des considérations poétiques sur l'écriture : «tout est sujet à sortir de l'ombre». Gislaine Roguet a lu deux poèmes aux vers courts, comme elle aime les écrire, l'un sur le voyage, l'autre sur la parole «cueillie comme un trésor... perdue... recherchée...». Sylvie Caissie, venue de Granby, a lu avec sensibilité «Je, est toi», un poème sur l'éphémère et le hasard. Enfin, Aimée Dandois a rendu hommage à une membre d'honneur de la SLL disparu, Michel Cailloux.


Louis-Philippe Hébert, Claude Drouin, Nancy R. Lange, Désirée Suzscany, Sylvie Caissie,
Hugo Labelle-Laprise, Marcel Tremblay, Monique Pagé, Gislaine Roguet, Aimée Dandois
et Gaëlle Le Clézio Claessens.
Vendredi 16 mars 2012 – compte rendu de Danielle Shelton – 23 lectures
Pour la dernière soirée de la deuxième série «micro ouvert Gens de paroles», le Café le Signet s'est une fois de plus rempli à pleine capacité. Plus de cinquante personnes étaient réunies pour entendre l'animatrice chanté le thème a cappella, puis vingt-trois lecteurs et lectrices. Josée Gingras a débuté avec «Le fardeau des autres», une suite de vers se terminant par ces mots. Dans un style épistolaire, Roland Provencher a transposé l'auditoire dans les tranchées de la Première guerre mondiale. Hubert Saint-Germain a évoqué avec son humour habituel les grandeurs et les misères de la politique québécoise, avant de dévoiler les réflexions d'un clou rouillé, «témoin du temps qui passe, symbole «des rapports humains». Marguerite Morin a raconté en rimes une histoire de générations, puis a chanté le drame d'un enfant abusé. Dans un appel au respect de la langue, Marcelle Bisaillon a élu les poètes «lanternes de conscience»: «Il faudra bien qu'un jour notre peuple se décide à retirer l'abat-jour.» Invoquant «l'argenterie de [s]es progrès», Gisèle Bart a lu le troisième volet de son triptyque: «Je n'ai plus à craindre demain... ici, maintenant, quel soulagement...» Anne-Christine Diné s'est jetée dans les bras de Thanatos pendant que «un pas après l'autre... les corbeaux jouent les barytons». Sans mise en scène, cette fois-ci, Jean-Louis Proulx a présenté un 3e tableau de sa suite Rouge est ton feu, son recueil édité à compte d'auteur. Il a mentionné, dans sa présentation, l'installation de l'artiste Monique Gagné au bord du fleuve (trois photos de cette installation font partie du beau livre Confidences, publié par la Corporation lavalloise pour le développement de l'art photographique et auquel ont participé sept membres de la SLL). Josée Pelletier a lu Jour passé, un texte né d'une activité d'écriture: «ce monde n'est plus à rever mais à enfanter». Yvan Lévesque s'est fait onirique «l'esprit enrouuillé dans la caverne informe du coeur», «aiguillon du bien déjà perdu». Lyse David a imaginé les confidences d'un foetus «petit génie autodidacte» qui «s'apprête à faire un jardin». L'humour noir de Benoît Ponton a fait mouche avec Viandes froides et cornichons, puis Os (un texte rimé en «os»), Dernier slow de l'autruche («L'homme danse à reculons vers l'éternité.») et enfin Éclosion qui s'ouvre sur un chat qui observe une fleur et évolue vers la mort ou, peut-être, la réincarnation. Le métis Robert Lalonde a lu des extraits de son recueil à compte d'auteur Saga des saisons (recensé dans Brèves 84). Dans un poème brûlant, Claude Drouin a fait naître un «sablier des oublis tempêtes», des «larmes de laine qui filent à l'anglaise», un «ciel dragée», pour finalement se résigner aux «devises étrangères» de son amante. Josée Sarrazin a lu un texte écrit pour ses petits-enfants: «Je ne savais pas que je devais grandir», dit la petite qui n'était plus reine. Anne-Marie Larocque a lu l'histoire en rimes d'un cueilleur de perles qui amène un enfant à plonger dans son dessin, à goûter le sel... un texte «paysage géant». Françoise Belu a revisité à sa manière la mythologie: Odin («les pleureuses ont mis les voiles»), Olympe et Hydromel («l'alchimiste essaie de dissoudre les mots dans l'air». Denis-Martin Chabot a rapporté d'un voyage au Rwanda un portrait de femmes «érientées, fières, stoïques», «comme si la dignité ne connaissait pas la misère». Marcel Tremblay, «né au monde», a chantonné un poème sur «les jours et les bleuets». Hugo Labelle-Laprise a fait quant à lui l'éloge des Francofolies: un récit touchant et drôle. Ariane Bouchard-Gauthier a lu Rature («C'est de dos que le ressac m'anime»), puis Orange, une image du matin dans l'autobus, une douche de pulpe odoriférante. Pour remercier tous les participants et les participantes aux micros ouverts de la série, Nancy R. Lange a dit un fort beau poème: «Je suis un arbre qui rêve de transparence car j'ai déjà été le vent qui attise le feu».
Vendredi 17 février 2012 – compte rendu de Danielle Shelton – 27 lectures
Le Café le Signet s'est rempli à pleine capacité et les personnes arrivées plus tôt, pour souper avant le début des lectures, se sont vu servir un excellent repas pour un prix raisonnable (filet de porc à l'ail rôti ou pizza au saumon gravlax). À 19h30, pas moins de quarante-sept personnes étaient réunies pour entendre vingt-sept lecteurs et lectrices (un nombre record). Du nouveau: le claviériste improvisateur Michel limoges offre un accompagnement sonore (il s'avérera parfait!). Après sa chanson de bienvenue, l'animatrice a présenté Christina Montescu, qui a lu un extrait de son recueil La margelle du soleil, paru aux Écrits des Forges. « Je ne suis qu'une effilochée [...] mais tant qu'il y aura / de la vie sur mes lèvres / je viendrai vous parler.» Aimée Dandois, s'excusant de son absence au rendez-vous précédent, a lu son hommage à Paul-Marie Lapointe: «le silence cloue la parole martelant la perte [...] les os de la mémoire resteront à l'agenda.» Elle a complété sa prestation par un autre inédit: «Oreille du temps, je guette les trèves [...] j'emmure le doute au forum des absences». Hubert Saint-Germain a poursuivi avec un conte humoristique qu'il a qualifié d'«érotico-poétique», les personnages en étant Marilyn Monroe et le David de Michel-Ange. Francine Vodarka a lu une poésie remarquable par la musicalité des répétitions: «dans maintes tentations, maintes rencontres... mais dans une seule vie, une seule inspiration...» Denise Lavoie a proposé une nouvelle version d'un poème de désamour rempli de métaphores: «le grand oiseau blanc blessé... la tempête a tout emporté...» Elle a enfilé un texte où «après la fuite des fulgurances... le bleu réappparaît». Mais, a-t-elle demandé, «comment le dire?» «Avec des mots de pain sorti du four»? Denis Bilodeau a offert ses rimes «à tous ceux qui se cherchent», leur conseillant d'«observer pendant l'accalmie». Antoine Gravel-Bilodeau, un jeune plein d'aplomb sur la scène, s'est réclamé «de ce clan: noirceur, obscurité». Puis, enjoignant le public de fermer les yeux, il a créé de la «neige déferlée», pour partir «en cavale», puis revenir pour «un moment gratuit». Bruno Robert a évouqé la mer et son excitation «à l'idée de toucher la belle journée». Il a ensuite offert à un ami «recyclé de la vie», le poème intitulé «T'es mon banc de parc», puis il a terminé avec ces mots: «Si seulement... je m'aimais... si la vérité ne tuait pas». Roland Provencher a touché avec Laisser le temps, un poème d'amour offert à son épouse pour une Saint-Valentin (le couple a célébré cette année leur 49e fête des amoureux): «Ele s'étire très longue, la piste des pas... je revisite nos îles... partout je serai où ton coeur a besoin de repos». Sur le même ton, Marcelle Bisaillon a fait quant à elle le bilan de 50 ans de partage avec son homme «à ne pas jeter aux orties»: «dans la clarté dénudée de tes silences... tu bâtis un roc pour préserver la tendresse». Jean-Luc Proulx a mis en scène sa lecture, avec la complicité de Gaëlle Le Clézio Claessens et Yvan Lévesque. Rouge est ton feu, est une suite poétique écrite sous le regard de Van Gogh: «je peins noir... cela a commencé dans une cave basse... je dessinais des visages promis à l'enfer... En quel songe suis-je?» Louise Paquette a lu une suite de haïku et de brefs poèmes libres, des histories d'eau: «dans le reflux / le sable me glisse entre les doigts // j'attends». Vincent Diraka s'est fait prophète, en promettant de «ne jamais prédire l'Apocalypse». Marguerite Morin a lu un conte tendre et chantant, écrit pour son petit-fils: «Le fond de mon coeur est de quelle couleur?» Dans son deuxième texte, elle a invoqué «le temps béni où les étoiles n'étaient pas faites de métal».
Après une pause, Hugh Hazelton a lu Urgence, un poème sonore paru dans sa version originale anglaise et en traduction française dans le collectif Le Dépanneur Café, aux éditions Adage. «En cas d'urgence rompez la vitre... Sentez les arbres.... Ne cueillez pas cette fleur.... Dormez dehors autant que possible...» Fort bien accompagnée par l'improvisateur Michel limoges, Rosée Gingras a suivi avec de la poésie pour tout-petits: déguisements et jeux dans l'eau. Les rimes d'un poème d'amour original de Josée Pelletier ont occupé tout un gratte-ciel: «l'étage des amours discrèrtes», l'étage des« exclusifs», celui des «maladifs». «C'est beau?», a-t-elle demandé. «Pas vraiment... cela dépend qui l'entretient...» Gisèle Bart est demeuré dans le thème de l'amour: «L'homme en face de moi... je n'oublie pas la vigilance, je l'aime». Elle a ensuite chanté, a capella: «Regarde-moi... Comprend qu'on ne peut tout comprendre... Ne me défie pas...» Nancy R. Lange a ensuite rendu hommage à la poète féministe disparue Louky Bersianik. Elle lui a dédié son poème inédit intitulée Île, dit-elle. «Cette maison de mots nous parle / Nous dit / Voilà la route parcourue... Nous, ses soeurs, célébrons sa voix». Benoit Ponton, que l'animatrice a ensuite présenté comme un jongleur d'idées, a décliné sur le ton mi-amer qu'on lui connaît, toute une suite de drôleries rimées: songeant, un jour de déprime, à la défenestration, il aurait été sauvé par le fait qu'il habitait un sous-sol; il se sentait comme une mouche sur un pare-prise..» Françoise Belu a pour sa part «mis son âme en vente», en «fille de la jungle urbaine», dans le poème «En chair»; puis, elle a entrepris de «faire l'état des lieux», mais il était «trop tard, vous dis-je... Dommage!» Elle n'en a pas moins poursuivi avec Trou noir: «Je veux explorer un trou noir... et revenir pour voir si les choses ont changé... Je ne m'y reconnaîtrai pas.» Hugo Labelle-Laprise a voulu faire oublier l'hiver avec un texte sur l'été: se faire bronzer, piqueniquer, faire du sport, notamment du «golf pour se reposer et admirer la beauté des allées». Gaëlle Le Clézio Claessans s'est présentée «dans l'esprit de changer le monde», en commençant par «se changer elle-même», «en connaissance de cause». Elle a clos un deuxième poème par ses mots: «Comme une rose qui ne fanerait plus, que ne fanera pas». Lyse David a ouvert son poème avec une image de «matin de grand givre» où une «gerbe de frilosité» crée un «tableau désincarné» d'une «étonnnante froidure», un chef-d'oeuvre «mystique». Monique Pagé a poursuivi la lecture de sa suite Les grand départs. «Il pleut à grands jets de pollen... je partirai donc... une couche de silence sous ma peau, je gratte... ne rien garder sauf cette certitude... je résiste... tu deviens». Denis-Martin Chabot, après un hommage posthume à sa mère (au micro ouvert de janvier), s'adresse cette fois à son géniteur dans Équinoxe de mon père. Ses mots sont durs: «La pauverté t'impose sa tyrannie... tout pour sauver les apparences... tromperie, beuveries, frasques, colères, excès de discipline, cancer, aphasie, surdité, dépendance.... elle te soigne, pleure ta mort, se souvient des douceurs... je te pardonne». Claude Drouin lit tout d'abord un poème classique (un exercice de style): «Cet homme qu'on dit volage / a retenu son cri jusqu'au dernier voyage». Il termine la soirée avec un poème de «récifs fragiles», de «grèves molles d'algues aubergines» et de «lente ferveur des brises». «Dans l'amidon de tes gestes / Un carrefour qui s'égare [...] Demain dépendra de la nuit / L'insomnie ménage le temps».
Vendredi 20 janvier 2012 – compte rendu de Danielle Shelton – 18 lectures
Pour ce premier micro ouvert de l'année 2012, l'animatrice Nancy R. Lange avait suggéré, en hommage au regretté poète Paul Marie Lapointe, le thème «Hibernation». Elle a d'ailleurs lu aux quelque trente-six personnes présentes, en ouverture de la soirée, le poème éponyme extrait du recueil intitulé Le réel absolu. Dix-neuf poètes se sont ensuite succédés au micro, la majorité s'étant laissée inspirée par le thème.
Roland Provencher a présentée une Madeleine en deuil de son bébé : «les pieds dans l'hiver / univers de frissons / hibernation longue, tès longue». Hubert Saint-Germain, dans un long poème poignant a évoqué ces «grands blessés lumineux qu'on appellent les poètes». «On tourne, a-t-il lancé, le temps d'une danse à l'échelle des étoiles». Comme si c'était «une autre fois et en même temps la même; une autre vie et en même temps la même». Marcelle Bisaillon s'est inquitée de la langue qui se perd «au quart de tour» : «Bientôt, on ne reconnaîtra plus tes origines.» Elle a prédit des «ouragans». Françoise Belu a lu trois inédits: Impression d'hiver («un silence blanc / hiver claustral»), Interrogation («le viel hiver très laid s'abîme»), Formalité («nuit propice au trépas des illusions»). Affirmant que «l'écriture est un privilège», Gaëlle Le Clézio-Claessens a fait appel aux «racines profondes de l'hibernage», pour conclure que «l'hibernation dans la couette console». Gislaine Roguet a souhaité, au cours de l'hibernation, «dénuder la forêt qui altère sa vision» et «sculpter l'argile primordiale», puis «se réveiller» pour «échapper aux engelures du coeur». Monique Pagé a fait sourire avec sa petite suite sur le couple: Couple à louer («un sourire sur une gueule de poisson»; Couple à vendre («corps croqués par la patience de l'eau qui gèle»); Couple en hibernation («un après-midi avec ou sans solei... en attente de battements»); Couple à rempoter («la peau pourra se nourir de l'effleurement d'un papillon»); Couple en gestation («un enfant bohème fait son nid... miel dans nos sangs»). Dans Solstice, Denis-Martin Chabot rend hommage à sa mère, récemment disparue: «Quand la nuit est plus longue que le jour, il reste l'espérance.» Jean-Pierre Gaudreau partage ensuite trois proses poétiques inédites regroupées sous le joli titre Croquis poétiques: «Il pleut des insectes sur le lac... tout est impide sous l'ondulation».
Après la pause, Nancy lit une lettre d'un ami poète, Michel Thion, en fait un hommage à un autre poème de Paul Marie Lapointe, Arbres. Il écrit: «Ce soir, je suis un arbre... vous et moi, nous sommes forêt». Louise Paquette enchaîne avec Réveil où il est question de sa maison, «d'un amas de regrets» et d'un espoir: «vivre, vivre une autre saison». Gisèle Bart rappelle que la neige inspire les créateurs depuis longtemps. Elle évoque son «odeur sur la joue des enfants qui ont joué dehors» et peut-être, ont fait «l'ange, les yeux fixé sur l'infini firmament». Engagée, elle évoque sa pureté «qui camouffle la laideur qui endouleure la vie de l'itinérant». Josée Sarrazin fait sa première lecture publique: «Je suis mon placenta», «ma présence, une source». Elle prend la mesure de la distance entre l'acte initime d'écrire et celui de livrer le texte à un public. Inspirée par le thème de la «parole», Josée Pelletier se donne quant à elle une mission: «être une flamme pour que des mots dits ne soient plus jamais maudits». Benoit Ponton «aime les métaphores et autres figures du discours». Poète engagé, il raconte un viol collectif: «En Cité péril, pas de pitié pour les femmes». «Femmes, implore-t-il, sur la nuit faites le jour.» Yvan Lévesque raconte les mésaventures d'un oie bretonne qui imagine un renversment de situation où l'espèce humaine est conduite à l'abattoir. Hugo Labelle-Laprise fait lecture de son récit intitulé Vive l'hiver!, paru dans le bulletin CafGraf du Groupe d'entraide en santé mentale de Laval. L'animatrice clôt la soirée avec la lecture de La Ville bleue, un poème de Claude Drouin (absent): «On dirait de la brume mais c'est de la lumière en poussière».
Vendredi 16 décembre 2011 – compte rendu de Danielle Shelton – 17 lectures
Le magasinage des Fêtes et les partys de Noël excusent l'absence de plusieurs des habitués des soirées Gens de parole. Tout de même, vingt-huit personnes ont profité de cette activité toujours aussi chaleureuse, que Nancy Lange a une fois encore ouverte a cappella, avec la très belle chanson de Vigneault. Dix-sept lecteurs et lectrices se sont succédés au micro.
Marie Brassard, animatrice d'une émission littéraire à Canal Vox (enregistrée à TVRL), a «brisé la glace» avec un poème intitulé M'enfuir. «Étau, paroi métallique, cage, pression, stress», le vocubulaire renforce l'image de la quête d'une clé libératrice qu'elle découvrira sur un rayon de bibliothèque : «Saisir un livre et m'enfuir dedans». Gaëlle Le Clézio Claessens s'est ensuite montré résolue à regarder «avec conscience le monde», jusqu'à arriver «au fond du panier de notre vécu personnel encroûté», pour ensuite atteindre « la beauté et la confiance». Sur un ton plus léger, elle a convié l'auditoire à un bal, pour conclure: «Nous sommes heureux, ensemble!» Claude Drouin s'est enflammé dans un noir poème d'amour, Suite sans y croire: «Tu portes un sourire sans envie de faire mieux»; «au risque de l'improbable», «le marbre craque d'être seul». Changeant de style, il a a enchaîné avec un poème-chanson humoristique dédié à une déesse inventée. Roland Provencher s'est inspiré de la manière de peindre de Monet, par petites touches (des mots) juxtaposées, pour tenter une expérience d'écriture. Résultat: davantage une vidéo «nouveau cinéma», qu'une image impressionniste. Intéressant! Denise Lavoie s'est adressée aux absents qui ont passé leur soirée dans le «maudit magasinage des Fêtes». Elle a ensuite dévoilé, non sans moins d'humour, son côté sensuel (une commande, a-t-elle précisé, de son groupe d'écriture), histoire de «gratter les déprimes des dérives poétiques» et de «réchauffer nos incertitudes existentielles». Après avoir éteint une lampe «trop révélatrice» et constaté combien son «bouillon de vie» est hélas! «tiédi», la poète narratrice Francine Wodarka s'est adressée à son miroir comme au Père Noël: « Miroir, j'ai besoin... Miroir de glace, j'ai besoin...» Yvan Lévesque a ensuite fait «appel à la vie» en une succession de «bulles» et d'«étincelles» mesurant «le prix de la joie», sur une Terre qui garde en partie «sa nature opaque». Diane Landry a raconté en prose poétique l'histoire d'une amie d'enfance, L., fascinante enfant imaginative et volontaire, que le narrateur recroise plus tard, jeune adulte punk. A suivi un texte souvenir: un hommage à son grand-père, vendeur porte-à-porte de produits Rawleigh et lecteur laborieux de la «gazette» («était-ce la faute de ses lunettes?»).
Avant la pause, Nancy a proposé un thème pour le prochain micro ouvert: Hibernation, un hommage au poète Paul Marie Lapointe, dont elle a lu le poème éponyme. Vingt minutes plus tard, elle a débuté la deuxième partie de la soirée avec un tango a cappella de sa compositon (qui sera bientôt endisqué par une amie, a-t-elle précisé): Le Tigre.
Monique Gagné, une artiste en arts visuels, a poursuivi avec un poème que lui a inspiré l'une de ses créations, une robe-objet sur le thème du veillissement: L'espérante, qui «poétise», qui «quotidienne». Ce même thème habite son autre poème intitulé J'entrerai, je laisserai: «J'entrerai dans cette dernière valse terrestre, ma vieillesse». Dans un texte intitulé Moteur, Françoise Belu a évoqué un jour qui «s'absorbe en comprimé», puis, dans Travail de nuit, elle a laissé passer des images sur une vitre, pour les transcrire en mots dans «la buée» et finalement les effacer «d'un revers de la main». Gisèle Bart a dit écrire «plutôt que fuir», «pour chasser les grises araignées» et «pour que se taise le vacarme du silence, de la peur...» Puis, elle nous a transporté dans un «désert déserté qui s'ennuie des pierres humides – Est-ce le trop vide de mon coeur», a-t-elle questionné? L'animatrice Nancy Lange a alors fait un lien entre ce poème et l'un des siens paru dans Au seuil du bleu (Écrits des Forges): « J'attendais la mort / Est venu le désert...» Gisèle a poursuivi sa lecture avec un «poème bleu»: «Atteindre l'envers des choses, résoudre quelques énigmes... revenir, recommencer.... mieux.» Avec la complicité d'Yvan Lévesqe et de Gaëlle Le Clézio Classeans, Jean-Luc Proulx a rendu hommage à la danseuse chorégraphe Pina Bausch. Mise en scène intégrant notamment une sculpture d'art brut, pour transcender les mots du poète: « Pour que tu frémisses de peur», «pour réinventer les trahisons de tes proches». Marcelle Bisaillon a créé un long poème tendre pour sa nouvelle petite fille, «papillon rose égarée dans une nuée de moustiques». Il s'agissait d'un exercice de son groupe d'écriture, a-t-elle précisé. Jennifer Boire écrit en anglais. Elle a lu la traduction d'André Jérôme (résident de Sainte-Rose) d'un poème aussi dur que poignant, Mère de la naissance et du trépas : «Mère cinglée... Mère trou noir... Mère des revenants, je t'aurais laissé pourir sur cet arbre éternel, mais ils m'ont dit...» Denis-Martin Chabot a relaté une erreur de jeunesse, extraite de son recueil Pulsions poétiques: «Nous marchions seuls, côte à côte...» Il a enchaîné avec un extrait d'un autre receueil, Les voisins d'à côté: «Un oeuf ne fonctionne pas, à moins qu'on le casse...» Gislaine Roguet, qui affectionne la rime, a évoqué les émigrés «qui voyagent sans bagages, dépassent les frontières entre chaque pierre». Puis elle a matérialisé «quelque chose... pour faire comprendre quelque chose», pour en arriver à un amour «en ocre sur le bois d'une clôture». Hugo Labelle-Laprise a clos la soirée avec une prose poétique: une ballade toute simple sur la rue Saint-Denis, ponctuée d'arrêts gourmands pour une pizza et un dessert.
Vendredi 18 novembre 2011 – compte rendu de Danielle Shelton – 17 lectures
Cette soirée a accueilli une trentaine de personnes, plusieurs habitués étant retenus au Salon du livre de Montréal, d'autres encore à l'Opéra Bouffe. Paradoxalement, dix-sept lecteurs et lectrices ont lu leur texte, un record pour cette nouvelle série Gens de paroles. Comme à son habitude, l'animatrice a souhaité la bienvenue avec la chanson éponyme de Vigneault.
Première lectrice : Monique Joachim, avec Psaume, un long poème inédit inspiré d'une rencontre faite l'été dernier, une «immense» rencontre, selon ses mots, son «île authentique, anachronique dans le rugissement du monde». Francine D'Amour a lu ensuite une prose inédite sur un thème présent dans le collectif des éditions Brève, Une île en mots, Laval se livre, plusieurs de ses romans et son dernier recueil de nouvelles, Pour de vrai, pour de faux (voir Brèves 80): ses chats. Après un mot sur Lola, la célèbre chatte des Mille-Îles, voici Baba, un guépard frileux, affecteux mais distant... Leslie Piché a fait une première lecture publique d'un tout nouveau poème qui l'habite depuis plus d'une année : Mon immense. «Toi / tu devines l'entaille / Mes humeurs en jachère / Toi» Silence dans la salle émue, puis félicitations... Roland Provencher a suivi avec sa Visiteuse de nuit... «et s'envole un ange nouveau». Yvan Lévesque a lu Passage (titre temporaire, a-t-il précisé) : une ode à sa mère en 14 brefs poèmes où alternent la voix du poète et celle de l'enfant. Benoît Ponton a dit L'objet du jeu, une suite de petites annonces fictives dénonçant le commerce sexuel dont sont victimes des fillettes de Bangkok. «Veston carvate bienvenue!» Aspasia Worlitzky a elle aussi parlé de la mère : son premier poème est une promesse à son fils alors âgé de deux ans (la famille vient d'arriver au Québec); dans le second, le fils a 17 ans et quitte la maison familiale. Le Saguenéen Marcel Tremblay, un nouveau venu, a pris le micro, courageusement, pour témoigner sur le ton du récit de vie. Élise Landreville a lu un poème de «derviche qui tourne jusqu'à ce que son cœur livre son poème», puis un poème d'amour : «Il m'arrive de craindre de t'aimer sans muraille».
Après la pause, Nancy R. Lange a rendu hommage aux deux employées de Postes Canada qui ont eu gain de cause après une bataille de 28 ans pour l'équité salariale. Elle leur a dédié, en les mettant en contexe, deux poèmes de son recueil Au seuil du bleu : «Bleu pour l'intime» et «Capados» (voir Brèves 82). Monique Pagé a suivi avec un poème pour la «mère abyssale» (le thème de la mère a inspiré ce soir-là plusieurs poètes, et ce sans qu'il y ait eu concertation) et un poème de désamour : «Je tourne le dos [...] Je suis alvéole désertée / Toi, tu neiges sur moi». Gisèle Bart a ensuite fait écho à Benoît Ponton avec une chanson a capella sur la maltraitance, la violence et les malversations du politique, et – en réponse – sa douleur et sa honte. A suivi une confession humoristique sous forme de lettre de rupture adressée à sa «pauvre paresse». Avec passion, France Bonneau a réclamé des mots, peu importe lesquels «pourvu qu'ils aient des racines». Elle a donné des pistes à son interlocuteur : «Invente une géographie de l'oeil» / «Agence la déroute». Diane Landry a elle aussi fait une incursion du côté des relations mère-enfant. Elle a fait sourire, voire rire, avec Maximum 5, une prose humoristique. Inspiré par le suicide de Dédé Fortin, Bernard Joly a composé une chanson, Nancy R Lange lui donnant la réplique d'une voix inspirée (un ange-gardien, peut-être) : «Aie, toi! Repose-toi un peu de toi.» Fidèle à elle-même, Françoise Belu s'est risquée « parmi les débris et le verre cassé de la nuit», avant d'inviter le public à faire «un tour d'enfer», pour finalement, dans L'aventurine, évoquer «le sang [qui] coule sans laisser de trace sur le noir». Dernier lecteur de la soirée, le Métis Robert Lalonde a appelé «la mouette au perchoir du vent», décliné son Totem Blues et terminé par un Tour d'horizon.
Un merci particulier à Benoit Ponton, pour la technique.
Vendredi 21 octobre 2011 – compte rendu de Nancy R. Lange – 13 lectures
La soirée Gens de Paroles a fait salle comble au café Le Signet le 21 octobre dernier. Déjà, à six heures, plusieurs personnes étaient présentes, des visiteurs venus avant la soirée de poésie pour voir l’exposition de montages photos et poèmes réalisés avec les participants des ateliers S’encrer dans l’imaginaire. Rappelons qu'un de ces ateliers avait été donné, par Nancy R. Lange, à la Place des Aînés dans le cadre de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur (un événement produit par la SLL). Les participants avaient alors écrit des textes à partir des photos des étudiants du cours de photographie offert par la Place des Aînés, et certains des photographes dont les oeuvres avait été retenues sont passés voir les résultats du jumelage.
Treize lecteurs et lectrices ont ensuite partagé leur poésie avec un public attentif de plus de cinquante personnes.
Claire Hélie, une nouvelle venue aux soirées Gens de paroles, a ouvert la soirée avec un texte particulièrement poignant, La mère d’hopital, suivi de Deux nuages sur la terre. Aspasia Worlitsky a ensuite offert deux textes dont un sur la thématique proposée, Automne, «comme moi tu n’es que poésie», nous a-t-elle affirmé et avec sa voix inimitable et son sens de la dramatique, on ne pouvait qu’être d’accord. Yvan Lévesque a ensuite lu Octobre, entremêlant espace nommé, patrie et érotisme, suivi de Louise Paquette qui nous a donné une belle histoire d’amour entre une petite fille et sa tante âgée, une nouvelle intitulée Requiem pour une fraise. Monique Pagé, de Saint-Hilaire, a ensuite lu Tu t’en vas, Dragon et Corde à linge, un texte court mais particulièrement efficace. Gisèle Bart nous a brossé un magnifique tableau poétique avec Symphonie en rouge et or pour jus d’orange et grenadine, suivi de Requiem à Pauline, une magnifique chanson-hommage à Pauline Julien, souvenir suscité par une autre version de la thématique, Octobre. Un moment de grande émotion, que Barbara n’aurait pas désavoué.
Josée Pelletier nous a ensuite donné sa version d’Octobre, suivie de Roland Provencher qui a lu Laisser sortir le Soleil. «Je me sens étranger des automnes qui envahissent le jardin», nous a-t-il confié, avec une tendresse assumée. Gislaine Roguet nous a ensuite fait deux poésies avec rimes, Avant-dernière et Feuilles, un poème chantant charmant sur le thème de l’automne: «une à une elles forment le corps de ballet».
Benoît Ponton a enchaîné avec un slam désopilant, un discours politique aigre-drôle intitulé: Si vous voulez du changement, votez pour la continuité. Et si le rire était au rendez-vous, un appel à la réflexion et au changement était aussi émis dans ce «cours de gouvernemensonge 101» où les «rats grugent le pain noir que nous réservons aux prochaines générations».
Gaëlle Le Clézio Claessens a poursuivi avec sa version d’Octobre, un texte cosmique autour du thème de l’Action de Grâces, suivi de L’automne de ma vie, une tranche de philosophie de vie. Élise Landreville, qui faisait ce soir-là la première lecture de sa vie, nous a livré avec aplomb quatre petits poèmes: O2, Ultime photo, Vers et Passage obligé: «feuilles alchimistes», «le sol se saoule et s’endort repu». Pour terminer les lectures, Françoise Belu a partagé avec nous de terribles Octobres, «la ronde des jeunes filles, vierges folles tombées sous l’emprise des soldats» et Marche à mort, poème d’indignation devant «les aveux mensongers livrés aux juges iniques» dans un monde qui n’a rien d’un conte de fée. Une soirée magnifique, de l’avis de ceux qui y ont assisté.
Vendredi 16 septembre 2011 – compte rendu de Danielle Shelton – 15 lectures
La première d'une nouvelle série de soirées «micro ouvert Gens de Paroles», produites par la Société littéraire de Laval et animée par la poète idéatrice Nancy R. Lange au Café Le Signet, a renoué avec le succès des précédentes. Quelque quarante-cinq personnes étaient réunies pour entendre quatorze lecteurs et lectrices dire leur poésie.
Danielle Shelton, directrice générale de la Société littéraire de Laval et directrice littéraire et artistique du périodique Brèves littéraires, a remercié pour son aide financière la Cré de Laval, représentée par Madame Ange-Aimée Saint-Amour, le Café Le Signet et l'animatrice idéatrice Nancy R. Lange. Elle a rappelé qu'une sélection de textes inédits lus lors des soirées «micro ouvert Gens de paroles» (celles produites par la SLL) paraîtront dans le numéro de mars 2012 de Brèves.
Première à prendre le micro, Aimée Dandois a lu un long texte inédit, Errances entre les saisons de l'être, dans lequel forces et éléments de la nature s'emparent de la poète pour se transfigurer en elle. Varechs, galets, rivages et rocs évoquant sans le dire la Gaspésie ont tant touché une auditrice, que celle-ci est venue en témoigner. Josée Pelletier a suivi avec une prose poétique dévoilant l'un des mystères de la Dame à la licorne, écrite dans un cahier décoré d'un dessin de l'auteure. Puis Gislaine Roguet a démontré à quel point – maldonne! – la Terre, épuisée, est en jachère. Gisèle Bard, à l'instar de Josée, s'est présentée sur scène avec un beau cahier d'écriture relié façon cuir, dans lequel elle a choisi un texte sur la liberté (soumis à un concours, a-t-elle précisé). Le cahier de Gaëlle Le Clézio Classens était quant à lui spiralé. Elle en a extrait un poème intitulé Le Chemin où, «sans impatience», sa «révolte s'est tue», puis une autre, Tout feu tout flamme, qui a illuminé de «tant de débordements»! Françoise Belu a proposé aux auditeurs un premier poème intitulé Croisade, jeux de mots autour de la croix («Il ne faudrait pas avoir à revenir à la croix... c'est la croix et la bannière...»). Dans Mondiale, son deuxième texte, elle constate la guerre, les blessés, l'air pollué... et se demande «où fuir?» Brian Campbell a offert un poème en anglais, traduit par Nancy R. Lange. Dans Parquet, les motifs des carrés de bois de la parqueterie évoquent des images éclatées de la vie, que le poète se remémore et assemble «like this floor». Chaudement applaudi, Brian a complété sa prestation par la lecture d'un poème bilingue teinté d'humour : Parlons français.
Après la pause, l'animatrice a rendu un hommage à un grand poète québécois récemment disparu : Paul-Marie Lapointe, en recommandant à tous la lecture de son recueil majeur, Pour les âmes, paru en 1965 à l'Hexagone. Une poète anglophone, Jocelyne Dubois, a été fort bien accueillie avec la lecture de Last Night, traduit par Nancy, sous le titre La nuit dernière. Aspasia Worlitzky a lu deux textes sur l'exil: Simplement, ou le triste quotidien de sa mère au Chili, et Vaincue, autour de l'énigme de l'existence de son père. «Moi, je suis partie sans lutter, les mains vides... je m'entête à écrire, comme si un jour je pourrais pardonner.» Une lecture «bouleversante», a commenté avec justesse l'animatrice de la soirée. Roland Provencher a lu Et demain, un texte intense sur la solitude «sans urgence». Roland avait participé à un atelier d'écriture de Nancy produit par la SLL lors de la JMLDA 2011, atelier où les poètes s'étaient inspirés de photographies du club de la Place des Aînés. L'animatrice profite de ce moment pour annoncer qu'au prochain micro ouvert «Gens de paroles», elle exposera les photos et les poèmes de cet atelier. Louise Paquette enchaîne avec Bouteille à la mer, un texte inspiré par l'image d'une palissade, puis elle «absorbe le large» dans un poème intitulé Conquête. Yvan Lévesque dévoile quant à lui un homme fragile dans «une Tour de Babel» moderne, avant de poursuivre avec les revendications de l'âme et Naissance, un texte dychotomique comme le blanc et le noir. Dernière lectrice, Monique Pagé se laisse inspirer par l'automne, la saison des remises en question, de l'éphémère qui survit dans «la brûlure du gel».
L'animatrice Nancy R. Lange clôt la soirée en annonçant que le prochain micro ouvert aura pour thème «octobre».
Vendredi 20 mai 2011 – compte rendu de Nancy R. Lange – 17 lectures
La cinquième soirée Gens de Paroles animée par la poète Nancy R. Lange au Café Le Signet du Vieux Sainte-Rose à Laval a été un succès. Malgré la belle température et le long congé de la fin de semaine de trois jours, quarante-trois personnes se sont réunies en ce vendredi 20 mai pour célébrer la parole et la poésie. Dix-huit lecteurs et lectrices se sont succédés au micro; parmi celles-ci, cinq personnes y lisaient pour la première fois.
La soirée s'est ouverte sur un long poème d'Eva Martinez, qui écrit habituellement en anglais et a fait une première incursion du côté de l'écriture en français. Son poème s' intitulait Poème entre le lever et le coucher du soleil. Gislaine Roguet a ensuite fait un texte à teneur philosophique intitulé Ne suivent pas puis Fusion, évoquant une sensuelle union avec les éléments. Carole Renaud a fait Katrina puis L'Île. Yvan Lévesque a ensuite récité quatre poèmes d'amour et d'innocence puis Eliz Robert a conquis le public avec un texte chantant l'amour des livres malgré leur côté envahissant, texte écrit pendant son récent séjour à Banff. Hubert Saint-Germain a lu une création très réussie autour des thèmes de la difficulté d'écrire et du sentiment d'étrangeté et Denise Lavoie a livré ses haikus d'eau. Roland Provencher a partagé des textes d'indignation: Les enfants de la liberté et Violée et Francine Wodarka a fait un court texte touchant ayant pour titre Aimer. Benoit Ponton, un habitué des scènes de slam venu spécialement de Montréal, a terminé cette première partie avec un texte d'une causticité sidérante, offrant en plusieurs services une humanité assassinée apprêtée à toutes les sauces.
En deuxième partie, Nancy R. Lange a récité Rhodes et Chevalières, tirés de son dernier recueil: Au Seuil du Bleu. Pierre Mondou, un habitué de ces soirées, a ensuite fait trois nouveaux textes dont Solitude qui a été apprécié. Hélène Bigras qui lisait pour la deuxième fois, a donné des textes pour sa mère défunte et un autre inspiré de la situation des tibétains. Le métis Robert Lalonde a lu des extraits de son recueil Saga des Saisons, où sagesse, humour et références à la nature se mariaient harmonieusement. Sonia Grenon nous a livré un témoignage émouvant de la problématique des traumatisés crâniens. Vincent Viraka a fait deux poèmes L'émergence de l'être, inspiré par ses lectures en psychopédagogie, et Silence. Gisèle Bart, venue de Saint-Jérôme pour participer à la soirée, a conjugué L'espérance au plus-que-parfait et à l'imparfait du subjonctif et Hélène Perras a conclu avec Ballade pour Marielle.
La soirée s'esst étirée une bonne trentaine de minutes après les lectures, le public profitant de l'occasion pour fraterniser et échanger. Une très belle soirée sous le signe de la chaleur.
Vendredi 15 avril 2011 – compte rendu de Danielle Shelton – 19 lectures
Il a fallu ajouter des tables de la terrasse. On a manqué de chaises. Le succès des micros ouverts animés par Nancy R. Lange au Café Le Signet ne se dément pas.
En ouverture, une surprise: Gens de paroles chanté par Caroline Harvey, s'accompagnant au piano. Nancy R. Lange a invité l'auditoire au prochain spectacle des artistes pour la paix, qu'elle coproduit et qui sera présenté au Studio Théâtre de la Place des arts, le 26 avril à 18h. Un autre membre de la SLL sera sur scène: Duckens Charitable.
Hélène Bigras, pour sa première lecture publique, a lu des extraits de Parfum du passé, hommage posthume à sa mère et à son boulanger. «Sans savoir où loge sa voix dans les écrits», Jean-Luc Proulx a dédié un poème à l'animatrice. Hubert St-Germain a testé le lutrin fabriqué de ses mains pour les micros ouverts. Avec l'humour pince sans-rire qu'on lui connaît, il a ponctué l'un de ses textes d'effets sonores. «Quel âge déjà?», a questionné Francine Wodarka dans une balade. Inspirée par le printemps, Marcelle Bisaillon s'est demandé «comment apprendre à vivre au doux soleil».
Autre hommage posthume (il y en aura plusieurs au cours de la soirée), Jean-Pierre Gaudreau a lu un poème à la mémoire de sa mère, paru dans Brèves 81: «Chambre noire». Robert Lalonde, poète métis, a décrié le nucléaire et le zoo cosmique. Roland Provencher a, à son tour, évoqué le souvenir: «Au coeur du vent, il y a l'oiseau...» À leur première lecture à Gens de paroles, Yvan Lévesque s'est adressé aux absents, «ceux qui ne sont pas là ce soir», et Dorice Boucher a relaté «une nuit blanche» et «une noce catastrophe».
La pause a été encadrée par deux poèmes de Nancy R.Lange: «Noce» extrait de son recueil Au seul du bleu, et «Si tu ne regardes pas». Puis, Brian Campbell a relu un poème à paraître dans Brèves 83, en anglais et en français. La toute jeune et sensible Ève Paquette a impressionné avec un poème sur les songes. Duckens Charitable a une fois encore enthouosiasmé avec un tout nouveau poème: «J'ai découvert la main», avant de se voir dédier un amusant poème par Gislaine Roguet, où il a été question de mondaine et de demi-mondaine, de basannée et de demi-basanée, etc. Dans le même registre osé, Hector Nazon a fait «la révolution de l'historie de ton corps». Pierre Mondou a enchaîné avec une poésie philosophique sur la vie et les étoiles. Godard-Ferland a lu des textes érotiques (l'influence Nazon, a-t-elle confessé): «ma robe qui dit oui», «ma jupe qui moucharde»... Enfin, Stéphne Lauzier s'est aventuré dans une nature à apprivoiser: renarde, fruit noir, feuille blanche...
Vendredi 18 mars 2011 – compte rendu de Danielle Shelton – 23 lectures
Le Café Le Signet était plus bondé encore (une cinquantaine de personnes) pour le 3e micro ouvert de «Gens de paroles», une série de lectures poétiques animée par Nancy R. Lange, où vingt lecteurs et lectrices se sont succédé au micro (maximum de 3 minutes pour chacun).
Tout d'abord, on a entendu trois membres de l'atelier d'écriture «S'encrer dans l'imaginaire»: Francine Wodarka, inspirée par le chocolat, Roland Provencher, dont les «souvenirs sentent l'oeillet», et Hubert Saint-Germain, qui a fait sourire avec ses aphorismes interrogatifs (par exemple «Peut-on bien aller si on ne va nulle part?»). Un nouveau venu, Vincent Diraka, a lu quatre poèmes sur les thèmes du pont, du ciel, des nuages et du temps. Se sont ensuite succédé au micro Gaëlle Le Clézio-Claessens, qui a évoqué les vagues «quand le doute se profile», et Gislaine Roguet, qui a rappelé les «effluves matinales... quand les couleurs deviennent cristallines et opales». Élizabeth Robert s'est présentée comme l'éditrice d'un collectif multiculturel paru chez Adage, la maison d'édition qu'ell
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