Table-ronde 2011
Compte rendu par Danielle Shelton
Une soixantaine de personnes ont animé le foyer de la Maison des arts de Laval pour ce premier événement de la Société littéraire de Laval qui s'y déroulait en 2011. Après avoir souhaité à tous la bienvenue, Leslie Piché a rappelé le mot de Baudelaire qui a inspiré le sujet de la table ronde: «Parce que la forme est contraignante, l'idée jaillit plus intense!»
Dans la présentation du sujet, elle a parlé du désintérêt quasi général envers la poésie classique à formes fixes et des expériences, à la fois littéraires et mathématiques, de l'Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle) depuis 1960. À titre d'exemple, un extrait du célèbre roman de Georges Perec, La Disparition (celle de la voyelle «e», en l'occurence», a été lu. L'animatrice a ensuite présenté la contrainte littéraire volontaire de l'invité prosateur, Gino Levesque. Dans son roman de 100 pages, Je ne le répéterai pas, il ne «répète» aucun verbe, nom, adjectif et adverbe. Danielle Mérit a lu un extrait de son livre, paru à compte d'auteur. Puis, l'écrivain a répondu à des questions: «Auriez-vous pu écrire sans vous imposer une contrainte stylistique? Vous imposez-vous dans la vie des contraintes volontaires? Les contraintes littéraires sont-elles plus intéressantes pour l'écrivain que pour le lecteur? Quels sont les arguments de vente de votre roman? Comment se passe votre travail d'écriture?...»
Au tour de Diane Descôteaux de se voir poser des questions, ses réponses étant illustrées par la lecture de trois de ses poèmes: un sonnet, un rondel et un jézel (un tableau de ces formes fixes avait été distribué sur les tables): «Écrivaine autodidacte, comment vous êtes-vous découvert ce goût pour la poésie classique? En quoi la rime vous est-elle si nécessaire dans votre processus de création? N'y a-t-il aucun marché pour la poésie classique au Québec? Quels prix avez-vous remportés en Europe? Quelles sont vos sources d'inspiration? Que pensez-vous des contraintes oulipiennes?...»
Pour terminer, un extrait d'un texte automatique, Les Champs magnétiques d'André Breton et Philippe Soupault, a été lu, puis une dernière question a été posée aux deux invités: «Croyez-vous cette écriture complètement libérée des contraintes?»
Le public a ensuite posé plusieurs questions auxquelles Diane et Gino ont répondu avec la générosité et la sincérité qui a caractérisé cette intéressante table ronde. Il y a notamment été question de la définition de la littérature et de la place de la sensibilité dans l'écriture.
Un compte rendu plus complet, incluant les lectures, paraîtra en juin dans Brèves littéraires 83.
Le numéro 82 de Brèves littéraires a été officiellement lancé après une pause pendant laquelle Madeleine Dalphond-Guiral, vice-présidente et bénévole de la SLL, a servi café, jus et biscuits. Lien.
La soirée s'est joyeusement close avec le tirage de 10 prix de présence, des livres d'une valeur totale de 225$, offerts par les éditeurs suivants: David, L'instant même, Moebius, Seuil, VLB, XYZ.
Merci aux bénévoles (15 heures de travail): Marcelle Bisaillon, Geneviève Bikond, Madeleine Dalphond-Guiral, Diane Descôteaux, Solange Léonard et Élizabeth Robert. 